Les mobylettes ne règnent plus en maître sur les routes marocaines. Les Peugeot 103 qui servent à transporter toute la famille, le mouton de l’aïd et la machine à laver sont concurrencées par de nouveaux arrivants, bien moins pittoresques, mais infiniment plus insupportables.
Les motos sont devenues tendance et la faune des deux-roues hors mobylettes s’est très fortement peuplée.
Il n’est pas nouveau que des spécimens de la jeunesse dorée de Marrakech ou de Casa sèment la terreur dans les rues sur leurs grosses cylindrées débridées, mais le phénomène a pris une ampleur nouvelle depuis quelque temps.
À force de fréquenter, pendant ce ramadan, le boulevard Zerktouni à Casablanca juste avant le ftour, j’ai développé une aversion féroce pour ces jeunes c… qui le remontent à 120km/h à cheval sur leurs abominables machines. Pour un automobiliste, c’est un vrai cauchemar : on les entend s’approcher mais on ne les voit pas. On ne sait pas s’ils nous dépasseront à gauche, à droite ou au milieu. Au moindre coup de volant, on craint d’écraser du jeune c… (Ce qui ne serait pas désagréable s’il n’y avait le temps perdu et le risque de désagréments juridiques).
A Marrakech, la mode est à une race nouvelle de scooters, qui paraissent aussi trafiqués que les comptes de campagne de nos élus. La carrosserie de ces engins est réduite à sa plus simple expression et leur mécanique est exposée au grand air. Ces motos semblent particulièrement adaptées aux acrobaties les plus spectaculaires. Tout à l’heure, j’ai vu un adolescent réaliser un numéro très abouti qui trouverait parfaitement sa place dans le programme du cirque de Moscou : à genou sur la selle, les deux pieds sur la selle, les deux pieds en l’air, en suspension à côté de la moto, etc…
J’aurai volontiers applaudi si je n’étais pas trop occupé à me dépêtrer de l’embouteillage que notre intrépide acrobate a provoqué en plein boulevard Mohammed VI.
Il est à noter que ces scooters fonctionnent mieux à proximité des lycées et en présence d’une audience féminine, jeune et courtement vêtue de préférence.
Dernière catégorie de fléaux urbains : les préadolescents grassouillets en quad.
Ces fils à papa hantent les rues des quartiers cossus et terrorisent les ménagères qui regagnent leurs villas au volant de leurs 4x4 rutilants (les 4x4 sont toujours rutilants).
Tout cela serait assez anodin s’ils ne prenaient des risques inconsidérés et s’aventuraient parfois en pleine ville pour montrer à quel point ce sont de vrai rebelles (Khasrin quoi !)
Heureusement, on voit également de plus en plus d’authentiques motards, au volant de magnifiques Harley ou Goldwin. Ils ne m’inspirent pas les mêmes envies de meurtre que les précédents. D’abord, parce que leurs motos sont souvent très belles. Ensuite, parce qu’ils ont une conduite généralement beaucoup plus responsable (C’est vrai que sur une Moto qui vaut le prix d’une Berline allemande, on prend forcément moins de risques).