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L’heure Zéro

Ramadan_2 Ramadan Moubarak tout le monde ! Oui, je sais, après déjà 11 jours de jeûne, il était temps ! Vous ne trouvez pas que le Ramadan est particulièrement difficile cette année ? Peut-être que je vieillis mais j’ai rarement autant accusé le coup pendant le mois de jeûne. Comment ferons-nous l’année prochaine quand le Ramadan commencera en août ? Ah la la .. ma bonne dame, c’était plus facile avant.

Ce qui demeure formidable pendant le Ramadan, c’est cette heure magnifique qui encadre la rupture du jeune. Une demi-heure avant, une demi-heure après. Une heure qui se démarque dans le continuum espace-temps comme une pensée intelligente dans le cerveau de Georges Bush, ou un bout de tissu sur la peau de Britney Spears.

La demi-heure avant d’abord. L’heure de la rupture du jeûne approche, l’état d’urgence est déclaré, toutes les conventions sont abolies… En commençant par le code de la route. Les feux rouges, déjà modérément respectés pendant l’année, ne jouent plus qu’un rôle facultatif et informatif. Motos et voitures filent droit à leur destination, au mépris des feux rouges, stops et passages cloutés. Malheur aux piétons qui s’aventurent sur la chaussée pendant cette demi-heure décisive, leur espérance de vie est égale à celle d’un militant israélien de la fierté-gay perdu avec sa pancarte au milieu d’une manifestation du Hamas.

La demi-heure après ensuite. Pendant ces trente petites minutes, les marocains vont consommer, entre autres victuailles, 30 millions de bols de Harira, 2 millions de litres de lait, 7 millions d’œufs et 2000 tonnes de dates. Burp. Tout cela copieusement arrosé de télévision et de « programmes ramadanesques ». Personne ne se souvient plus de l’origine de cette tradition, mais il est désormais établi que l’heure du ftour doit obligatoirement s’accompagner d’émissions humoristiques. Il est également établi que personne ne les trouvera drôles, qu’elles seront virulemment et unanimement critiquées mais que tout le monde continuera à les regarder, en faisant sauter les taux d’audience. D’ailleurs, les annonceurs ne s’y trompent pas qui concentrent une énorme part de leur effort publicitaire annuel sur cette période, et conçoivent des spots spéciaux où ils paraissent redécouvrir, soudainement, le charme authentique et pittoresque de nos traditions séculaires.

Le seul évènement télévisuel comparable qui me vient à l’esprit est le Superbowl. Pendant le Ramadan, c’est le superbowl tous les soirs, pendant un mois. Tous les ingrédients sont réunis : l’audimat qui frôle les 100%, le grignotage intensif des spectateurs et même le défi sportif (arriverez-vous à passer sous la barre des 10secondes pour la descente du bol de harira ?)

Pendant ces agapes, les rues sont désertes. A l’ambiance à la Mad Max succède une atmosphère de ville fantôme. Quel spectacle formidable (et impressionnant) que celui des carrefours les plus cauchemardesques de Casa ou de Marrakech absolument déserts, seulement parcourus par quelques chiens errants ou chats apeurés. On peut remonter tout le boulevard Mohammed V, nu comme un vers et en faisant la danse de la pluie, sans croiser le moindre regard désapprobateur.

Mais dès les 30 minutes écoulées, les tables du ftour asséchées et les émissions drôles par drôles terminées, les marocains quittent leur pénates, les rues retrouvent leurs embouteillages coutumiers, et le charme est rompu !

Perdu dans Facebook

J’ai créé mon compte sur Facebook il y a quelques semaines et ce truc me prend tout mon temps libre. Au point de délaisser, encore plus, mon blog.

Si vous ne le connaissez pas encore, je vous recommande de découvrir rapidement ce site communautaire qui attire 200.000 nouveaux inscrits par jour.

Je décline toute responsabilité pour les effets secondaires (addiction, baisse de productivité, etc..)

En attendant le 1er ministre..

2007elec Je suis allé voter très tôt le 7 septembre, dès l’ouverture des bureaux de vote. J’ai été un des premiers à voter et, au vue des résultats, un des derniers.

J’ai passé le reste de la journée à exhiber avec fierté mon doigt maculé d’encre indélébile à une foule de sceptiques.

Pourquoi les marocains ne sont pas allés voter ? Comme toujours au Maroc, essayer de trouver une explication définitive est illusoire. Les soubresauts de la société marocaine sont aussi faciles à décrypter que le mode d’emploi d’un Airbus A380 rédigé en chinois. En effet, un faisceau de causes explique ce score pitoyable de 37%.

Tout d’abord, le gouvernement, et a fortiori le parlement dont il est censé être issu, paraissent inutiles dans un régime où le Palais semble être seul à l’origine des grandes initiatives et des principaux accomplissements du pays (Tanger Med, usine Renault, Bouregreg, investissements du Golf, etc…). Difficile de se passionner pour la désignation de gestionnaires des affaires courantes.

Ensuite, Les parlementaires sortants ont réussi, avec un extraordinaire brio, à décrédibiliser leur fonction. Il faut avouer que la première chaîne marocaine les y a assistés avec son zèle coutumier, en diffusant les mercredi après-midi des séances de questions orales soporifiques, dans un hémicycle désert où les rares présents s’employaient au choix à (j’exagère à peine) :

      • Roupiller
      • Faire leurs mots croisés
      • Se curer le nez

Difficile de demander aux gens de se déplacer pour élire une assemblée de schtroumpfs paresseux et de nains dormeurs.

Les initiés vous diront que la présence est plus assidue et le travail plus sérieux dans les commissions spécialisées, mais l’opinion publique ignore jusqu’à l’existence de ces commissions, et ce sont les plénières diffusées en direct à la télévision qui façonnent l’image qu’elle se fait du parlement.

D’autres causes à cette désaffection peuvent être évoquées : la suspicion sur l’intégrité des élections, le timing : beaucoup de marocains étaient trop occupés à résoudre l’impossible équation financière « retour de vacances + rentrée scolaire + achats du Ramadan » pour se passionner pour la campagne (le premier qui trouve la solution avec la variable salaire = SMIG=1800 dhs gagne le mouton de l’aid el Kebir qui n’est plus trop loin non plus), etc…

Cette inquiétante abstention mise à part, les résultats des élections sont rassurants parce que…. Rien ne va changer.

Jamais on a autant pressenti au Maroc les prémices d’un décollage économique : explosion des investissements étrangers, mise à niveau des infrastructures, expansion de certains secteurs, etc…

Si le cap est maintenu, le Maroc pourrait être au seuil d’une période de développement inédite capable de le sortir des trop longues décennies de croissance molle et de résorber des inégalités sociales et la pauvreté.

Mettre en cause cette dynamique fragile aurait été une catastrophe.

Les résultats des dernières élections laissent penser que l’équipe qui a été derrière ce frémissement sera maintenue. De jeunes ministres comme Ghellab, Douiri, Hjira ou Mezouar, ont fait un travail remarquable. Ils méritaient d’avoir l’opportunité de mener à terme les visions stratégiques qu’ils ont initiées. Encore mieux, le prochain premier ministre pourrait bien être un de ceux-là.

Les cinq années qui viennent seront décisives : soit l’essai est transformé et le Maroc réussit à offrir un horizon d’espoir à ses citoyens les plus désespérés, soit le pire pourrait survenir…

"Voir Dubaï et mourir" murmura la carte de crédit...

Dubai

Après des vacances en Asie, ma douce moitié et moi-même nous sommes arrêtés à Dubaï pour quelques jours. D’abord, pour « couper la route » comme on dit au Maroc et ne pas conclure des vacances de rêve par 24 heures épuisantes dans les avions et les aéroports. Ensuite, pour nous faire enfin notre propre opinion sur cette ville dont tout le monde parle, soit avec enthousiasme, soit avec mépris et condescendance.

Ceux qui pensent que c’est une folie de se rendre à Dubaï en Août peuvent se rassurer. Il fait effectivement horriblement chaud et humide mais, pour en subir les désagréments, il faut sortir dans la rue. Et la rue n’existe pas à Dubaï.

On passe d’un hôtel entièrement climatisé à un taxi réfrigéré, pour se rendre dans un centre commercial où il faut aussi chaud qu’à Helsinki en mars. « Sortir dans la rue », « se promener dans la rue », sont des concepts qui semblent absents de la culture locale. On passe son temps dans des univers parfaitement conditionnés et on court plus le risque d’attraper un rhume qu’un coup de chaud.

Ce qui frappe en premier à Dubaï est l’omniprésence du mode de vie US. L’organisation de la ville est celui d’une cité américaine (pas de véritable centre-ville mais une multitude de pôles urbains reliés par des autoroutes à 6 ou 8 voies). Les fast-food pullulent : pas une seule station-service sans son burger king et aucune franchise de junk-food (même l’enseigne la plus méconnue du fin fond de l’Ioawa) ne manque à l’appel. Et, comme aux Etats-Unis, la consommation est religion d’état.

Les malls, ces centres commerciaux géants qui sont de véritables villes dans la ville, sont au cœur de la vie sociale et économique de la ville. Les nouveaux quartiers (Dubaï construit en permanence de nouveaux quartiers) s’organisent tous autour d’un mall central, comme les villes médiévales s’organisaient autour des cathédrales. Ils sont l’objet d’un pèlerinage quotidien et fervent. Une foule immense de touristes et de locaux, des cartes « American Express » en guise de bâtons de pèlerins, y afflue chaque jour pour accomplir ses dévotions à des divinités avides d’offrandes sonnantes et trébuchantes.

Bien évidemment, ce sont les magasins de luxe qui retiennent le plus l’attention et vous renvoient à votre humble condition de mortel indigent. Les montres à 50.000 dollars et les téléphones portables à 300.000 euros sont aussi courants que les babouches à 80 dhs dans les souks de Marrakech. Et, le pire, c’est que ça se vend…

Aux heures des prières (les vraies !), les hauts-parleurs des malls diffusent à pleine puissance l’appel du Muezzin. Paradoxalement, c’est seulement cet appel céleste qui semble réveiller les pèlerins de leur extase acheteuse et les ramener sur terre.

On peut penser qu’une ville qui gravite toute entière autour de ses centres commerciaux est une ville rebutante, mais c’est loin d’être le cas.

A condition de ne pas demander à Dubaï ce qu’elle ne peut pas donner (authenticité, visites culturelles ou autres drôleries du même acabit), cette ville est redoutablement séduisante et agréable à vivre.

Les hôtels (si on y met, il est vrai, le prix) sont sublimes. Ils rivalisent d’originalité et de gigantisme et représentent souvent à eux seuls des curiosités qui valent le voyage. On peut très bien passer une semaine entière dans certains de ces établissements sans en faire entièrement le tour ni avoir le temps de s’ennuyer. Le service est exceptionnel : chacun de vos interlocuteurs vous donnera l’impression que votre satisfaction lui importe plus au monde que le salut de son âme, et la moindre de votre contrariété lui sera plus pénible que la perte de son bras gauche.

La vie nocturne est très animée et le choix des restaurants est illimité. Dans la mesure où un seul hôtel peut compter jusqu’à 42 restaurants, il est facile de se faire une idée sur l’offre disponible.

Et, le plus important, tout fonctionne à la perfection. Les hôtels, les malls, les équipements publics, les grandes entreprises… tout est géré selon les standards les plus avancés. En effet, ces fameux princes qui président aux destinées de Dubaï ont compris, avec une grande intelligence, que le plus important est d’investir sur les hommes.

Dubaï s’est donnée les moyens d’attirer des spécialistes de très haut niveau dans tous les domaines : tourisme, industrie, logistique, gestion publique, etc… Et c’est là, plus qu’ailleurs, que Dubaï me semble incarner véritablement la mondialisation : le vivier de compétences dans lequel puisent ses entreprises est global. Peu importe votre nationalité, votre religion ou la couleur de votre peau, Dubaï vous accueillera et vous fera un pont d’or si vous excellez dans votre domaine.

Les princes de Dubaï ne se sont pas contentés d’investir leurs immenses revenus pétroliers dans des chantiers pharaoniques, ils ont investi dans les intelligences capables de rentabiliser ces projets et de faire prospérer la ville.

Dubaï réunit aujourd’hui une dream team de professionnels talentueux et motivés (notamment par des salaires au niveau de leur savoir-faire..) et c’est cela, peut-être encore plus que les immenses réserves de pétrodollars, qui explique l’impressionnante réussite de Dubaï et conforte son avance.

Retour à la réalité

J'ai passé mes vacances ici :

Vacances

Quel bonheur de rentrer et de retrouver le boulot, les allers-retours sur l'autouroute Casa-Marrakech, les factures, etc..

*soupir*

Et avec tout ça, il faut avoir de l'énergie pour poster sur mon blog....