Ma Photo

mai 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Derniers weblogs mis à jour

Blog powered by TypePad

Stats


  • penelope


« mai 2007 | Accueil | juillet 2007 »

La fureur de lire

Bsg_2 Avec beaucoup de retard, je réponds à l’invitation d’Amine qui me conviait à me soumettre au « questionnaire de Procuste ».

Je m’y emploie avec plaisir. Pour une fois, c’est un questionnaire intelligent qui circule sur les blogs.

Tout d’abord, il m’a permis de découvrir qui était ce fameux Procuste (un nom qui me disait vaguement quelque chose, mais je n’étais pas loin de penser que c’était une variété d’insectes). Pour en savoir plus sur Procuste, les explications d’Amine sont excellentes, et si vous souhaitez apprendre qu’ « En informatique, on donne parfois le nom de Procruste à une affectation de variable formatée », vous pouvez aller sur Wikipedia.

Ensuite, ce questionnaire éveille de vieux et délicieux souvenirs de lecture, et replonge dans la nostalgie de ces périodes de lecture fébrile vécues pendant l’adolescence. C’est souvent pendant l’adolescence qu’on lit le plus, habités par une véritable « Fureur de Lire » comme dirait Jack Lang (qui n’a pas dit que des conneries).

Comme toujours avec ce type de questionnaire, il faut faire des choix déchirants: comment réduire sa liste de livres préférés à 4 incontournables ? Mais il faut jouer le jeu…

Les 4 livres de mon enfance

-    Oui oui et la gomme magique. (Probablement le premier livre que j’ai lu)
-    De la terre à Lune de Jules Vernes (Le premier d’une longue série de romans de Jules Vernes que j’ai dévorés goulûment)
-    La Gloire mon père de Marcel Pagnol.
-    Le Bonheur des dames d’Emile Zola (Le premier roman « classique » que j’ai lu et premier choc littéraire)

Les 4 auteurs que je lirai et relirai

-    Borges
-    Céline
-    Proust
-    Romain Gary

Les 4 auteurs que je ne lirai probablement plus jamais

-    Virginie Despentes
-    Tahar Benjelloun (ses romans ne se renouvellent plus)
-    Christian Jacq (c’était un moment d’égarement)
-    Pascale Roze (c’en fut un autre)

Les 4 premiers livres de ma liste à lire ou à relire (liste réduite "d'indispensables")

-    Mort à Crédit de Céline
-    L’Idiot de Dosteivsky
-    Belle du Seigneur de Cohen
-    Les Mémoires de Saint-Simon

Les 4 livres que je suis en train de lire

-    La cinquième femme de Henning Menkell (un polar)
-    Cosa Nostra de John Dickie (passionnante rétrospective historique de la mafia sicilienne)
-    Morocco that was de Walter Harris (un document exceptionnel)
-    Le consul honoraire de Graham Greene (Merci Blaise pour le tuyau)

Les 4 livres que j’emporterais sur une île déserte

-    La Recherche du temps perdu de Proust
-    Les Essais de Montaigne (ça fait « frime » ça.. mais c’est un tel bonheur à lire)
-    La Passion de Al-Hallâj de Massignon (sur une île déserte, j’aurai enfin le temps de lire ce monument)
-    Petit Manuel de survie de Francis Galton (pour apprendre à préparer de l’émincé de ragondin sur l’île déserte)

Les premiers mots d’un de mes livres préférés

« L’homme sans qualités » de Robert Musil

"On signalait une dépression au-dessus de l'Atlantique; elle se déplaçait d'ouest en est en direction d'un anticyclone situé au-dessus de la Russie, et ne manifestait encore aucune tendance à l'éviter par le nord. Les isothermes et les isothères remplissaient leurs obligations. Le rapport de la température de l'air et de la température annuelle moyenne, celle du mois le plus froid et du mois le plus chaud, et ses variations mensuelles apériodiques, était normal. Le lever, le coucher du soleil et de la lune, les phases de la lune, de Vénus et de l'anneau de Saturne, ainsi que d'autres phénomènes importants, étaient conformes aux prédictions qu'en avaient faites les annuaires astronomiques. La tension de vapeur dans l'air avait atteint son maximum, et l'humidité relative était faible. Autrement dit, si l'on ne craint pas de recourir à une formule démodée, mais parfaitement judicieuse : c'était une belle journée d'août 1913."

Les derniers mots d’un de mes livres préférés

« Je suis un chat » de Natsume Soseki

« J’abandonne la lutte. Advienne que pourra. Je ne veux plus essayer de m’accrocher. Je laisse retomber où la nature les appelle mes pattes de devant et de derrière, ma tête et ma queue. J’ai fini de résister.
Petit à petit, le bien-être m’envahit. Je ne distingue plus la souffrance du bonheur. Je ne sais plus si je suis dans l’eau ou dans le salon. Où que je sois, quoi que je fasse, cela ne m’importe plus. Je me sens bien. Non, je n’ai même plus de sensation de bien-être. Je fauche le soleil et la lune du ciel, je pulvérise les cieux et la terre, j’entre dans le mystérieux royaume de la paix. Je suis entrain de mourir. La paix s’obtient dans la mort. Il faut mourir pour entrer dans la Paix. Au nom du bouddha Amitabha…. Au nom du bouddha Amitabha… Grâces soient rendues…. Grâces soient rendues.

Je passe le relai à Blaise et à Meriem. Au boulot!

Télégramme

Lebaroude vivant STOP Aperçu sur l’autoroute Casa-Marrakech plusieurs fois depuis un mois STOP Allers retours fréquents pour voir douce moitié et s’ennuyer en réunion STOP sébordé par excès de travail et abondance de mariages dans famille STOP retenu loin des blog par emploi du temps et difficulté digestion Mechouis STOP Revient très prochainement avec nouveau post STOP Réponse imminente questionnaire d’Amine STOP A Bientôt STOP

Folie immobilière

Samanah Depuis ma note de septembre dernier, les choses n’ont pas changé. L’immobilier reste le premier sujet de conversation des marrakchis, et le « mètre carré » leur obsession quotidienne.

Les prix continuent à suivre une courbe exponentielle et l’éclatement de la bulle, toujours prédit pour « demain », tarde à survenir.

Les logements ont atteint des tarifs affolants : dans l’Hivernage, le plus ancien (et toujours le plus couru ) quartier résidentiel de Marrakech, les appartements se négocient souvent à plus 20.000 dhs le M². Une somme exorbitante dans un pays où le salaire minimum culmine à 1800 dhs. Un appartement de 100m² vaut donc un siècle de SMIG.

Le centre-ville de Marrakech ne devient donc pas seulement inaccessibles aux classes les plus défavorisées mais aussi aux classes moyennes, voire classes moyennes supérieures.

Les prix des terrains ont progressé de façon encore plus impressionnante. Des hectares de terres arides situées à plusieurs dizaines de km de Marrakech, qui trouvaient difficilement preneur il y a 5 ans à 200.000 dhs, s’arrachent aujourd’hui à 2 ou 3 millions de dhs, et parfois à plus encore.

Cette flambée du foncier entraîne un phénomène nouveau : l’apparition d’une nouvelle catégorie de nouveaux riches. Des familles qui vivotaient dans une quasi-misère se retrouvent du jour au lendemain à la tête d’immenses fortunes potentielles.

Un ami m’a raconté dernièrement une histoire qui est arrivée à son propre frère. Ce dernier employait un gardien, issu de la région de Marrakech, dans sa villa de Casablanca. Le gardien retourne dans son village natal pour les fêtes de l’aïd. Plusieurs jours se passent dans qu’il ne donne signe de vie. Le frère l’appelle pour prendre de ses nouvelles. Le gardien raconte que son père était mort, qu’il lui avait laissé à lui et ses frères des terres qu’ils étaient entrain de vendre. « Dès qu’on signe l’acte de vente chez le notaire, je reprends mon poste. T’inquiète pas. Makayn mouchkil ».

Deux autres semaines se passent sans que le gardien ne regagne la jolie villa de Casa. Le propriétaire s’inquiète et appelle à nouveau. A l’autre bout du fil, il trouve son gardien hilare qui lui annonce : « On a vendu les terres de mon père et ça m’a rapporté 10.000.000 de dhs. On est entrain de vendre une autre terre. Si tout se passe bien, ma part va se monter à 30.000.000 de dhs. » Puis il ajoute, après quelques secondes de silence interloqué de son ancien patron : « dites-moi Monsieur, vous ne voulez pas venir me rejoindre ici pour développer et fructifier tout ça ? ». Pour la petite histoire, l’ancien patron ne s’est pas reconverti en intendant de son ancien gardien… 

Cette anecdote n’est pas isolée. Des fortunes colossales se sont faites de cette façon, en un clin d’œil. Malheureusement, ces nouveaux riches n’ont pas toujours (doux euphémisme) l’esprit entreprenant et la créativité nécessaires pour transformer ce capital en investissements productifs.

Par manque d’imagination et surtout par peur de manquer après des années de vaches maigres, ces fortunes sont prudemment thésaurisées dans des comptes en banques dormants, ou, pire mais fréquent, stockés dans des sacs en plastiques noirs ensevelis sous des sacs de grains ou des montagnes de patates.

Bien planquées, elles continuent à alimenter les fantasmes d’enrichissement rapide, et entretiennent une vertigineuse folie immobilière.