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Ma 6T a Crack-er

Banlieues_1«- C’est une révolution ? –Non sire, c’est une révolte ».

Les évènements qui embrasent les banlieues parisiennes ces dernières jours (ou surtout ces dernières nuits) ne renverseront pas la cinquième république, mais révèlent la crise profonde que traverse la France depuis quelques années. Ils prouvent que des expressions comme « zones de non droit » ne sont pas seulement des créations de journalistes en quête de sensationnel mais une réalité française.

Je ne veux pas m’étendre sur les causes de ce malaise : de brillantes analyses ont été publiées dans toute la presse de l’Hexagone.

En revanche, il faut bien reconnaître que ces évènements ressemblent au « cauchemar marocain », ces irruptions de violence dans les bidonvilles que certains sociologues prédisent depuis des années.

Dans les bidonvilles de Casa ou dans les cités de la région parisienne, ce sont les mêmes forces destructrices qui sont à l’œuvre : pauvreté, absence de débouchés, délabrement de l’environnement urbain, désoeuvrement, déscolarisation, apartheid social, mépris (il suffit de voir l’obsession du « respect » chez les rappeurs franciliens, et « hogra » dans notre pays), démission des parents (que leur « échec social » prive de toute autorité)….De côté-ci de la Méditerranée ou de l’autre, une jeunesse sans espoir, frustrée pas des richesses inabordables qui lui passent continuellement sous le nez, range son frein et attend son heure.

La question qui se pose est la suivante : pourquoi cela « pète-il » en France avant le Maroc ?

Le « verrouillage sécuritaire » de notre pays ne suffit certainement pas à expliquer cela.

En regardant sur Euronews les images de pateras de clandestins succéder à celles des violences en France, un élément de réponse s’est imposé à moi : l’horizon du jeune de banlieue française est encore plus bouché que celui du jeune bidonvillois marocain. Ce dernier, aussi pauvre et misérable soit-il, a toujours une lueur d’espoir, une lumière au bout du tunnel à laquelle se raccrocher : celle de réussir un jour à immigrer en Europe et à y construire une ville nouvelle. Les Européens peuvent bien édifier des barrières de 10 mètres hérissées de lames tranchantes, il continuera à rêver de creuser un tunnel sous cette frontière et de passer de l’autre côté. L’espoir est bien mince, la lueur vacillante, mais elle existe. Le hrig (brûler ses papiers et entrer clandestinement en Europe) reste une option.

Cet espoir-là est interdit au jeune de banlieue : cette Europe fantasmée, il y est déjà, mais il n’a pas de perspectives pour autant.

Pour le beur de troisième génération qui végète dans sa banlieue, qui sait qu’il na’ aucun talent de rappeur et qu’il ne deviendra jamais footballeur professionnel, l’avenir est désespéramment opaque.

Le bidonvillois peut rêver de hreg en Europe, la Banlieusard ne peut hreg plus loin.

 

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Commentaires

le jeune zonard ne peut pas hreg plus loin, mais est-ce une raison pour hreg les voitures, un car avec une mamie handicapée dedans? c'est vraiment ignoble! je veux bien admettre qu'ils sont désespérés et tout ce que tu veux mais là ça me dépasse! tout ce que ça donne c'est que le français moyen va se dire : "ah ouais quand meme sarko avait raison, il faut vraiment nettoyer au karcher"...

ce qui apparait n'est pas forcément ce qui est!
bonne analyse de la situation de la Seine saint denis, mais pourquoi obligatoirement rapprocher le fait de notre communauté marocaine? vous saurez monsieur que les fouteurs de b..... ne sont pas à majorité marocaine, c d'ailleurs pour ca qu'on a dû inventer l'adage: qu se ressemble s'assemble. n'est ce pas ?
l'espoir fait vivre et faire des choses, ne dites pas que c gens ont perdu espoir, mais plutot qu'ils appellent au secours, dans un langue que les autorités ont du mal à piger.
ici, c ici et pas ailleurs, alors pas de confusion, par pitié!!

Brillante analyse Monsieur : "l’horizon du jeune de banlieue française est encore plus bouché que celui du jeune bidonvillois marocain".
Effectivement, la bidonvillois a une meilleure vision de l'avenir malgré tous les murs et même grace à tous les murs qui le stimulent et exigent de lui qu'il soit toujours meilleur toujours plus fort pour y arriver.
Un sondage récent en Italie montre que les immigrés maghrébins (essentiellement marocains) sont plus diplômés et mieux formés que la population autochtone alors qu'ils sont majoritairement dans les champs (ouvriers agricoles), sur les marchés (vendeurs à la sauvette) quand ils ne s'adonnent pas aux divers trafics de l'économie informelle (drogues, prostitution, matériels volés).

Bien ceci dit ce n'est qu'une face de la médaille l'autre face étant le passé, l'identité, le Qui suis-je ?
Les banlieusards ne manquent de rien, ils mangent à leur faim et son à l'abri dans les tours HLM de leurs parents. Ils introduisent de la vitalité culturelle (musique, rap, fringues, modes et même langage (verlan par exemple)). Mais ils sont pour la plupart (surtout les garçons) dans une confusion identitaire (dévalorisation de leurs parents et d'eux-même, méconnaissance de leur culture d'origine et de la culture autochtone, déstabilisation par les soeurs, qui réussissent elles et veulent légitimement conquérir leur liberté (ni pute ni soumise), déstabilisation par l'islamisme radical ... ), Situation qui ne peut mener qu'au suicide ou à la violence.

Très bon lien entre les deux situations. Cela n'empèche qu'il faudra résoudre le problème en France ou au Maroc dans un avenir pas si lointain, sinon on peut s'attendre à des années sombres à l'avenir ...
A la jeune génération politique et surtout économique de travailler la dessus.

J'ai le sentiments que les entreprises citoyennes vont devenir une réalité dans les prochaines années. Si la publicité devient à l'avenir moins couteuse (grace à internet) les boites pourront utiliser l'argent dégager pour faire de la com. "engagées", c'est bon pour l'image, donc bon pour le bizness. Nike, Puma et autre SFR ont de l'argent. Au lieux de claquer des centaines de millions à la télé (ce qui ne leur rapportera bientôt plus rien) elles auraient tout a gagner a allez là bas ...

A la jeune génération de montrer l'exemple ...

Deja dans les annéés 60 (1960 65)trouver du travail en France n'etait pas facile. Meme si, à cette époque, on se rendait facilement dans ce pays avec un simple passeport, y trouver du travail était une autre manche pas gagnée d'avance . Oui deja à cette époque.

Alors 40 ans plutard avec la croissance démographique q'on vit, faut plus rien esperer.
L'Europe est surpeuplée d'Africains et DE Maghrébins.

Ceux qui ont la Nationalité et resident ne sont guere appréciés par les eventuels employeurs, et ceux sans papiers, aptes et appreciés, sont en surnombre.

La situation est donc cahotique pour les uns et pour les autres. Mais aussi pour les pays d'accueil QUI A L'AVENIR AURONT DES PROBLEMES ET DE SERIEUSES DIFFICULTES A GERER LES PERIPHERIES DE LEUR METROPOLES.

L'IMMERGENCE DE NOUVEAUX PARTIS POLITIQUES XENOPHOBES ET RACISTES FINIRONT PAR GOUVERNER CES PAYS. SÛR.

LE PEN ET COMPAGNIE VERRONT DONC LEUR COTE ET LEUR IDEES FAIRE DU CHEMIN EN FRANCE ET AILLEURS.

C'EST GRAVE ET L'AVENIR S'ANNONCE BIEN OBSCUR.

"La question qui se pose est la suivante : pourquoi cela « pète-il » en France avant le Maroc ?"

Question pertinente, Lebaroude, mais j'ai fait une pause à ce stade de ton texte pour m'en poser une autre...
"Quand cela va-t-i péter chez nous?"...
J'aimerais me dire jamais...
Mais j'en ai très peur.
Car le risque c'est que Gillette s'en aille car les barbus deviendraient trop nombreux...
Une marmitte qui explose, c'est aussi une boîte de Pandorre qui s'ouvre.
J'espère sincèrement que notre appareil sécuritaire, parfois critiquable pour ses méthodes, ne laissera jamais la boîte s'ouvrir.
Car entre le risque de la barbe et la dèche au Maroc, je préfère la dèche...

Lebaroude,

Je ne suis pas d'accord avec ton analyse à propos d'horizons bouchés d'une part, et d'espoir (mince) d'un autre côté...

Tôt ou tard, les marocains se rendront compte que leur avenir est dans leur pays, et non dans l'autre rive... et c'est là que ça va changer.

Que ce soit avec des barbus, ou pas .... ce ne sera que le catalyseur, ou le point de départ..

Et pour réagir par rapport à ce qu'a dit Amine, je trouve regrettable que l'on pense encore en terme de sécurité.

Repression ou Deche ?
Ni l'une... ni l'autre!
C'est stupide (ou intelligent) ce déploiement sécurité dans les villes marocaines comme si nos besoins immédiats étaient de maintenir la situation actuelle.


Ayoub

Je pense qu'Ayoub a raison et cela me fait pense à une phrase d'un film sur les banlieues "Jusqu'ici tout va bien".

Je pense que ce sont les (jeunes)entrepreneurs qui ont la clef entre leurs mains. Donner du boulot, donner une image saine des affaires, donner un peu de son temps et de son argent pour faire que cela aille mieux. Tout le monde y gagnera.

Il suffira que quelque uns qui ont réussit montrent que c'est gratifiant de donner pour que les choses changent dans le bonne direction ... et en plus ce sera bon pour l'image :)

Meriem> j'essaye de comprendre ses évènements mais pas de les justifier. Personnellement, je pense que ces comportements sont intolérables et desservent encore plus la cause des jeunes de banlieue.

Zioua> Je ne rapproche pas ça de la communauté marocaine! je compare seulement deux situations qui me semblent similaires. Je pense que ces beurs de la troisieme génération ne sont pas des produits du Maroc, de l'Alégérie ou de la Tunisie, mais de la France.

Laseine> "Confusion identitaire" est une excellente formule. Quand je vois des jeunes, visiblement nés en France, qui sortent les drapeaux algériens ou marocains quand la France joue contre les équipes du Maghreb, je me dis qu'ils doivent gravement paumés

Laurent> Je suis d'accord avec toi. le développement d'un réseau de PME locales est l'une des rares solutions aux problèmes des banlieuses. Mais je suis inquiet. le modele de réussite dont rêvent ces jeunes est maximaliste : c'est celui des rappeurs de la côte Est (bagues en or, limousines et p'tites pépées). Accepteront-ils les inévitables galères de la vie d'entrepreneurs (années difficiles, se rémunérer au SMIG pendant des mois, etc...).

Med Ya> les jeunes qui brulent ces voitures ne sont pas des immigrés mais des descendants de ces imigrés. Ceux qui ont réussi à hreg font au contraire profile bas et acceptent n'importe quel boulot pour survivre.

Amine> Je suis, hélas, d'accord avec toi. Il faut essayer de résoudre les problèmes structurels de nos bidonvilles (et je fonde beaucoup d'espoir sur l'INDH, qui peut avoir une immense portée) mais en attendant, il faut contenir un éventuel mécontetement. en effet, seuls les barbus sont suffisament organisés, aujourd'hui, pour en profiter.

Ayoub> Cf plus haut. Ok, il faut travailler sur le fond, résoudre les problemes. L'approche sécuritaire n'est pas une solution durable. Mais Amine a raison, il faut garder la situation sous controle! Regarde l'exemple de Fez : les problemes de sécurité paralysent toute la dynamique de développement. Tout le monde a conscience aujourd'hui que cette ville a besoin d'une police plus présente et plus efficace pour qu'elle puisse sortir de sa decripitude. sinon, elle s'enfoncera encore plus dans la decripitude. Le désordre est l'ennemi du developpement

Salam
Pour le but de rassembler le max d'adresse des bloggeurs"Carnet d'adresse", priere de remplir une tite fiche sur blog Merci!

www.islamkarim.blogspot.com

Ayoub> évidemment que j'aimerais dire comme toi ni l'une ni lautre, mais il faut rester pragmatique.
Les barbus sont tout SAUF un catalyseur ou un point de départ... départ de koi? de l'anarchie? de l'inégalité homme/femmes institutionalisée? de la fin des libertés? de la dictature religieuse? je préfère de loin mais de très très loin notre système ET la dèche
ET le chômage endémique que nous avons à une expérience du type de l'Iran post 1979. Car ne te méprends pas Ayoub, c'est ce que veut le PJD, rien de plus...
Et je préfère continuer à croire de toutes mes forces que notre système, nos talents, notre monarchie à laquelle je tiens fondamentalement, nos espoirs nous mèneront au bout de nos rêves sans jamais avoir à passer par la case islamiste. Jamais.

Alors tant que la moitié de notre population aura 50% d'analphabètes manipulables par le PJD et consorts, je préfère que l'on ait un appareil sécuritaire infaillible autant que faire se peut, afin de ne pas permettre l'émrgence incontrôlée de groupes au service des barbus... Car c'est ce qu'on commence à voir un peu à Fès comme le citait Lebaroude.

Par ailleurs, tu dis que "Tôt ou tard, les marocains se rendront compte que leur avenir est dans leur pays, et non dans l'autre rive... et c'est là que ça va changer." J'aimerais tellement y croire Ayoub, tellement! Mais d'où viendrait ce changement? Plus ça va, plus ça va mal... et moins notre jeunesse a de l'espoir. Il faut se battre... pour ne pas empirer d'abord, pour s'amliorer peut-être, ensuite... ce constat cela fait des annés que tout le monde le fait, et la situation éco au Maroc ne va qu'en empirant...

C'est notre gouvernement et notre classe politique qui doit changer les choses et se bouger, car la société civile elle, n'a pas attendu pour se mettre en marche, C'est les partis politiques qui sont en train de louper le coche... QUe fait la gauche sur le terrain de mieux que les PJDistes? pas grand chose, et c'est cette désertion condamnable du terrain pas nos partis qui sert les desseins des barbus...

En parlant de hreg, le PJD ne pourrait pas faire ses valises et voir ailleurs si on y est? Avec un peu chance leur patera se retournerait...
enfin, on peut rêver...

Salut a tous.

A la fin des annees 60 , apres les bidonvilles , pendant les 6t de transites , avant les 6t geantes , tout le monde revait d un monde meilleur ou il ferait bon vivre. Le racisme issu de la fin de la guerre d algerie etait intolerable (bicot , crouille ...) mais certains pensait qu avec le temps , tout s en va et le racisme avec. Moi gaulois d origine j y croyais et avec les quelques "nord africain comme on disait a l epoque" qui commencaient a arriver au lycee (2eme generation !?) et on regardaient TOUS ENSEMBLE ce monde a venir , notre monde ,avec l envie de le refaire , plein d espoirs et d idees et cela meme dans les 6ts.

Et bien que d illusions.

La consommation et le chomage ont balayes ces vaines illusions. Les riches vendent des nikes au pauvre pour se payer de la drogue et les pauvres vendent de la drogue au riche pour se payer des nikes. Les 6t plein d espoirs sont devenu le dortoir des defavorises et l egalite des chances s appel ZEP. Les barbus se sont appropries les luttes. Des adolescents vivent sans futur et s autodetruisent.

Que reste il maintenant ????
Rien. Rien que la haine , l opportunisme , l individualisme , la reaction.

A quoi je reve alors maintenant ???
Je reve que les emeutes aillent sur les champs elysees , sur le bld st germain , au trocadero et que les oublies de la societe reprennent tous ensemble , sans religion ni race les renes de leur destinees et que l egalite des chances soient un principe indiscutable et apllique.

Je reve trop , c est sur.

Sous commandant Mandraxe

Copie colle mairie de nanterre

CASSE-COU, LA REPUBLIQUE !

Par Etienne BALIBAR, philosophe
Fethi BENSLAMA, Psychanalyste
Monique CHEMILLIER-GENDREAU, juriste et politologue Bertrand OGILVIE, Philosophe Emmanuel TERRAY, Anthropologue


Nous voulons dire ici notre indignation et notre inquiétude. La violence à laquelle se livre depuis maintenant dix jours une partie des adolescents de nos banlieues et de nos villes, et que nul ne songe à encourager, les jeunes exclus l’ont d’abord observée autour d’eux et subie, depuis des années, sous des formes extrêmes : chômage massif, démantèlement des services publics, ségrégation urbaine, discrimination professionnelle, stigmatisation religieuse et culturelle, racisme et brutalité policière quotidienne. Une jeunesse « en trop », à qui la société française n’offre aujourd’hui aucun avenir, dont elle regrette d’avoir attiré les parents du temps de sa prospérité, dont elle tend à faire le bouc émissaire de sa mauvaise conscience coloniale refoulée et de ses difficultés d’adaptation au monde économique de la concurrence illimitée. Quand ce n’est pas l’objet fantasmatique de ses craintes sécuritaires dans l’époque du « choc des civilisations ».
Voilà le problème dont les violences urbaines, les comportements « délinquants » ou « émeutiers », destructeurs et autodestructeurs, sont le symptôme aveuglant.
A ce problème, comment répond le gouvernement ? Reconnaît-il l’existence d’une question sociale ? Cherche-t-il à en éclairer la nature et à en consulter les connaisseurs de terrain : professionnels, associatifs, élus, magistrats, enseignants ? Suscite-t-il une concertation démocratique de l’administration, y compris celle de la force publique, avec les conseils municipaux et les conseils généraux ? S’adresse-t-il au parlement pour étudier et garantir au nom du peuple français les mesures d’urgence et de long terme qu’appelle une situation de crise dans laquelle, avec tous ses prédécesseurs, il porte lui-même une lourde responsabilité ? Prend-il envers les auteurs de bavures policières ayant mis le feu aux poudres les mesures disciplinaires, même conservatoires, qu’il sait si bien appliquer ailleurs, lorsque des intérêts diplomatiques sont en jeu, et qui traduiraient sa résolution d’être inattaquable en fait de justice et de légalité ?
Non, mais à la discrimination il ajoute l’insulte et la provocation. A la crise sociale il répond par la répression, au déficit de représentation par l’autoritarisme. « Il faut avant tout rétablir l’ordre », n’est-ce pas, cet ordre dût-il recouvrir la perpétuation de toutes les injustices et la criminalisation collective des populations – jusqu’aux parents qu’on menace de conduire devant un tribunal ou de priver d’allocations familiales s’ils s’avèrent incapables d’enfermer le soir leurs enfants au 10e étage d’une barre d’immeuble « à rénover ».
Pour finir il sort l’arme absolue et réactive une loi d’exception, issue de la guerre d’Algérie et appliquée hier encore pour briser les résistances à l’ordre néocolonial, qui n’autorise pas seulement le couvre-feu, mais la définition de zones sécuritaires, les perquisitions de jour et de nuit, les assignations à résidence, les sanctions pénales expéditives. « N’ayez crainte », nous dit-on, « cet arsenal sera utilisé avec discernement, avec modération ». Et l’opposition de Sa Majesté de renchérir : « Nous serons très vigilants ». Mais déjà le lendemain le Ministre de l’Intérieur annonce le rétablissement de la double peine, l’expulsion administrative des étrangers, c’est-à-dire des résidents qu’on peut isoler des autres au titre de leur identité.
On voudrait semer la haine réciproque entre les citoyens, créer une frontière entre la « nation » et son ennemi de l’intérieur, précipiter les banlieues et les cités défavorisées dans un statut de ghetto ethnique, y décourager toute initiative économique et toute tentative de réhabilitation sociale, y rendre impossible le travail de l’administration civile et l’exercice des services publics, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est la politique du pire, mais c’est aussi la politique de Gribouille, quelles qu’en soient les causes : ignorance bureaucratique, arrogance de classe ou de race, calcul électoraliste. Il faut que cela soit dit par tout ce qui, dans ce pays, a encore quelque souci du bien commun. Casse-cou, La République.

> lebaroude
Un copain marocain (http://mfadili.canalblog.com/) me disait que la jeunesse marocaine (mais c'est la même chose en France) manquait de modèles de réussite. Comme tu le dis ils ont quoi aujourd'hui ? :
- les sportifs
- les rappeurs
- les corrompus
- ???

Il faut alors que quelques uns montrent que l'on peut réussir sans trahir ;) mais on en repalera

Je n'ai pas lu les commentaires.

Mais je suis névrée de te dire que je ne partage pas du tt ta façon de voir les choses sur les problèmes des banlieus et surtout les points d'assimilité entre le cas du Maroc et de la France.
Un des points qui peut être en commun du fait de la création de ces banlieus est la création d'emplois et de la proximité au marché de travail. Sauf qu'au Maroc outre des raisons économiques il fallait créer également des conditions minimales de vie correctes pr les gens habitant les villages sans eaux ni electricité. C certainement une bonne initiative de la part de M6 mais jusqu'à où et allant reproduire encore les mêmes echecs qu'en France; je epux tjrs pas me prononcer.
Pr l'idée de l'immigration et de l'espoir c tellement à côté de la plaque vue les différents motifs de chacun. Faut vraiment essayer de remonter à l'origine pr mieux comprendre et mieux analyser la situation de chaque rive. Et dire que c'est une analyse d'un gas de l'HEC qui a passé au moins 4 ans en France et à Paris, ça me choque désolée pr être aussi franche.

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